Les XIXè et XXè siècles
La population augmenta essentiellement dans les faubourgs industriels de Vaise et de la Guillotière. Les Brotteaux se lotirent et furent mieux reliés à la presqu'île. Les ouvriers soyeux (ou "Canuts") se logèrent sur la colline de la Croix-Rousse, la transformant en "Acropole de la soie" ; c'était "la colline qui travaille", par opposition à "la colline qui prie" (Fourvière). Les logements à plafond élevé et bien éclairés de la Croix-Rousse permettaient de mieux travailler sur les hauts métiers à tisser. Les Canuts se révoltèrent en novembre 1831 contre les fabricants ; ils investirent la ville mais la répression armée vint à bout du mouvement. Une émeute républicaine en 1834 contribua à renforcer l'image d'une population dangereuse dont il fallait protéger le cur de la cité : on établit donc une enceinte de bastions fortifiés pour surveiller les quartiers ouvriers.
Entre 1815 et 1850, de nouveaux ponts furent jetés sur la Saône, de nouvelles rues furent ouvertes. Si Lyon conservait des quartiers médiévaux, de gigantesques transformations allaient créer la ville d'aujourd'hui, sous l'impulsion des préfets du second Empire (des "Haussmann lyonnais") disposant de tous les moyens pour agir : il n'existait plus de municipalité et le préfet, installé à l'Hôtel de ville, assurait seul la gestion des affaires.
Après sa visite de 1851, Louis-Napoléon Bonaparte avait réglé deux problèmes essentiels pour l'avenir de l'urbanisme lyonnais : d'une part, les communes suburbaines furent annexées à l'agglomération en 1852 et reçurent de grands aménagements ; d'autre part, le choix fut décidé pour l'emplacement de la gare, à Perrache.
Pendant cette période, la ville retrouva son dynamisme bancaire (création du Crédit Lyonnais en 1863) et l'industrie s'ouvrit à la chimie.
Lyon proclama avant Paris la déchéance de l'Empire, sans s'associer toutefois au mouvement de la Commune. En 1891, la préfecture s'installa sur la rive gauche : le préfet écarté de l'Hôtel de ville manifestait clairement l'indépendance recouvrée par la municipalité grâce à la loi de 1881 qui rétablissait l'élection des maires par les conseillers municipaux eux-mêmes élus.
On se souviendra que le sculpteur Bartholdi, auteur de la fontaine située derrière l'Hôtel de ville, est également le créateur de la fameuse statue de la liberté à New-York.
La seconde partie du XIXè siècle vit la création de la basilique de Fourvière et des facultés sur les quais du Rhône. La soie et les usines chimiques (St Gobain, Rhône-Poulenc
) se développèrent à Lyon, qui devint en outre au début du XXè siècle le premier centre français de l'automobile (Berliet). On inaugura à Lyon en 1919 le Palais de la Foire : les foires internationales prolongeaient ainsi celles de la cité médiévale
De grandes réalisations furent entreprises dans le domaine de l'enseignement et de la santé.
Lyon se releva de la crise de 1929 et de la seconde guerre mondiale par une nouvelle reconversion : Rhodiaceta inaugurait l'ère du nylon, du tergal et du crylor.
La seconde partie du XXè siècle vit la création du quartier moderne de la Part-Dieu, qui acheva de consacrer Lyon comme capitale de la région Rhône-Alpes et comme seconde agglomération de France.
Lyon est, depuis l'antique Condate, une ville carrefour, ouverte aux influences de toutes les cultures brassées dans la vallée du Rhône et le sud-est de la France avant d'arriver dans la ville.
Lyon est une ville de paradoxes et de révoltes : révolte à l'encontre de Paris l'oppressive, bafouant son indépendance et la mettant sous tutelle, révolte du pouvoir laïc cultivant jalousement son indépendance par rapport à l'Eglise, brandissant les "Tables claudiennes" de la liberté communale quand l'Eglise de Lyon évoque l'ancienneté de l'Eglise locale, les martyrs de 177 et le prestige de saint Pothin. Les tables claudiennes seront longtemps exhibées dans le grand hall de l'Hôtel de ville afin de prouver l'ancienneté de la municipalité. L'Eglise locale cherchera dès lors à prouver sa propre ancienneté et la qualité de ses fondateurs : les références orientales sont flagrantes à Ainay ou dans la prison de St Pothin. De fait, la liturgie de Lyon, apportée par St Pothin, est l'une des trois plus anciennes avec celles de Milan et de Tolède. La disposition du chur de la cathédrale témoigne de cette liturgie primitive.
Lyon est aussi un berceau du Renouveau charismatique et une cité profondément fidèle à son amour pour la Vierge Marie, incarné notamment dans la fête du 8 décembre.