Primatiale Saint-Jean-Baptiste de Lyon - France
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La Renaissance

A partir de 1420, un privilège royal permit aux Lyonnais de tenir deux foires par an dans le quartier Saint-Jean ; la fréquence de ces foires fut portée à quatre par an, permettant à Lyon de concurrencer Genève et d'attirer tous les marchands italiens, allemands, suisses ou espagnols qui avaient fait le succès des foires d'Empire ou de Bourgogne. Lyon devint la troisième place d'Europe pour le marché du livre après Venise et Anvers (le premier livre en français fut imprimé à Lyon). Les banquiers de Gênes fondèrent à Lyon la première bourse de France. La ville entra dans une nouvelle ère de son histoire, sa richesse devint exubérante.
Mais rejeté aux extrémités de la cité, le petit peuple, de plus en plus employé aux métiers du tissage, de l'imprimerie et de la métallurgie, formait une masse incontrôlable et parfois dangereuse, que la municipalité calmait en prenant de plus en plus en charge la charité à la place de l'Eglise. La forme de vie et de pensée de cette population s'opposait totalement à celle d'une élite italianisante qui s'implantait rue Saint-Jean. Tous les oligarques, marchands comme juristes, voulaient alors avoir leur demeure dans ce quartier ; les jardins disparaissaient et les maisons s'imbriquaient comme des habitations gigogne ; un réseau complexe de passages intérieurs (ou "traboules", de trans ambulare, passer à travers) se constitua. La richesse des hôtels particuliers est peu visible depuis la rue, elle ne se révèle que dans la cour.
La ville tripla sa population entre 1460 et 1549. Charles VIII, Louis XII et François Ier séjournèrent à Lyon, alors que Rabelais, l'auteur de Gargantua et de Pantagruel était médecin à l'Hôtel-Dieu. François Ier réalisa le vieux projet de Louis XI en installant à Lyon l'industrie de la soie en 1536. La soie de Lyon est aujourd'hui réputée dans le monde entier.
Ville de foires, fréquentée par des Allemands et des Suisses, Lyon fut atteinte dès 1523 par les idées de la Réforme, surtout celles de Calvin. Cependant, c'est parmi les classes moyennes que se recruta la majorité des Réformés. Ceux-ci prirent néanmoins possession de Lyon en 1562 avec le redoutable baron des Adrets. Les églises Saint-Irénée et Saint-Just furent détruites, les statues extérieures de la cathédrale décapitées. Le baron fit tirer au canon sur les murailles du cloître Saint-Jean et détruisit des cimetières (à l'instar pour ce dernier forfait, du consulat). Il entreprit également des travaux d'urbanisme à but stratégique : création de la place Bellecour pour le déploiement des soldats, il ouvrit des rues (pour éviter des embuscades dans le lacis des ruelles et permettre une meilleure liaison des troupes. Le baron des Adrets quitta Lyon en 1563 mais son court passage avait jeté les plans d'une nouvelle ville.
La guerre civile continua, marquée par la revanche catholique et des vagues d'émigration protestante qui privèrent la ville de ses meilleurs imprimeurs.
La peste de 1564 faucha les deux tiers de la population.
La Contre-Réforme allait aussi modifier le paysage urbain : des communautés charitables ou enseignantes (Minimes, Chartreux…), militant pour la renaissance catholique, se fixèrent entre 1585 et 1640 dans la partie sud de la presqu'île et sur les pentes des collines de Fourvière et de la Croix-Rousse. Leur présence contribua à créer des îlots de peuplement.
L'activité textile, redevenue prospère, colonisait ces mêmes pentes. La vocation de Lyon s'affirmait plus industrielle que bancaire. Le centre de gravité se déplaçait vers la presqu'île. Saint-Nizier restait un centre prestigieux, les Terreaux étaient industrieux, on tissait sur les pentes de la Croix-Rousse, la nouvelle zone résidentielle était derrière Bellecour.
Sous Henri IV, le consulat de douze membres fut remplacé par quatre échevins et un prévôt des marchands choisis par le roi. L'institution des gouverneurs, véritables chefs de la ville et représentants du roi, assistés de l'intendant, acheva de réduire les initiatives locales.
Si à la fin du règne de Louis XIII, Lyon méritait d'être citée comme "le cœur et la clef du royaume", elle ne pouvait plus prétendre à sa place de capitale européenne de la banque.
Alors que le prestige de la municipalité s'affaiblissait, celle-ci se dota pour la première fois en 1646 d'un palais communal.

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