Primatiale Saint-Jean-Baptiste de Lyon - France
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Présentation vidéo de la Primatiale
Réalisation : Rhône-Alpes Tourisme/TV Productions (janvier 2011)


La Cathédrale Saint-Jean-Baptiste-Saint-Etienne, plus communément appelée Cathédrale Saint-Jean ou encore Primatiale Saint-Jean est située au cœur historique de Lyon, dans le quartier Saint-Jean (plan).
Fondée par saint Pothin et saint Irénée, tous deux disciples de saint Polycarpe de Smyrne, lui même disciple de saint Jean, auteur d'un évangile et de l'Apocalypse, la communauté chrétienne de Lyon a été sanctifiée très tôt par le sang des premiers martyrs de la Gaule romaine (parmi les martyrs de 177, citons saint Pothin et sainte Blandine).
Depuis le Vè siècle, cette communauté chrétienne a édifié plusieurs églises sur les bords de la Saône.

La construction de la Cathédrale actuelle a été entreprise au XIIè siècle.

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Rappelons que :

La Cathédrale est l'église de l'Archevêque. Le diocèse de Lyon compte cent trente-cinq évêques depuis sa fondation. L'Archevêque étant Primat des Gaules, la cathédrale de Lyon porte le titre de Primatiale des Gaules, Foyer de l'Eglise de France.
La Cathédrale est le lieu de la prière quotidienne du Chapitre des Chanoines.
La Cathédrale est enfin l'église paroissiale des quartiers Saint-Jean et Saint-Georges, au cœur du Vieux Lyon, premier secteur sauvegardé classé en France, inscrit sur la liste du Patrimoine mondial de l'UNESCO en 1998.

Dimensions de la Cathédrale (plan)

  • Longueur totale intérieure : 80 m
  • Longueur du chœur : 20 m
  • Largeur de la nef centrale : 19,30 m
  • Largeur totale des nefs : 26 m
  • Hauteur du chœur : 24,30 m
  • Hauteur de la nef : 32,50 m
  • Hauteur des tours (façade) : 44 m
  • Horloge astronomique :
    • hauteur : 9,35 m
    • largeur : 2,20 m

La Cathédrale Saint-Jean dans l'histoire de Lyon

fin du XIè et début du XIIè

Construction de la manécanterie (mur du cloître)

entre 1165 et 1180

Construction des murs de l'abside, des murs des deux chapelles latérales et du transept en style roman

fin du XIIè et 1er tiers du XIIIè

Construction de la voûte de l'abside puis du transept en style gothique ; édification des deux tours orientales, des quatre premières travées de la nef (deux travées doubles) et de leur voûte

juin - juillet 1245

Premier concile de Lyon (13è concile œcuménique)

milieu du XIIIè

Toutes les verrières du chœur et les deux rosaces du transept sont en place

1271

Le corps de saint Louis, mort à Tunis en 1270, est déposé dans la Cathédrale
voir la plaque commémorative

mai - juillet 1274

Deuxième concile de Lyon (14è concile œcuménique)

fin du XIIIè et 1er tiers du XIVè

Construction des quatre dernières travées (3è et 4è doubles) et de la partie inférieure de la façade

1316

Couronnement du Pape Jean XXII

fin du XIVè

Voûte des dernières travées et rosace de la façade

XVè

Construction de la partie haute de la façade et des tours. La statue de Dieu le Père est placée au sommet du pignon en 1481

fin XVe et début XVIè

Aménagement de la chapelle des Bourbons, en style gothique flamboyant

1562

Dévastation de la Cathédrale par les troupes calvinistes

13 décembre 1600

Mariage de Henri IV et de Marie de Médicis

XVIIIè

Destruction des verrières médiévales de la grande nef et du tympan du grand portail, sur l'ordre des Chanoines

1791 - 1793

Modification du chœur par ordre de l'évêque Lamourette.
Vandalisme révolutionnaire

1805

L'empereur Napoléon Ier et Joséphine, puis le Pape Pie VII, sont reçus par le cardinal Fesch

1935 - 1936

Restauration du chœur dans sa disposition médiévale

septembre 1944

Destruction d'une partie des vitraux (lors de la libération de Lyon)

1982

Ravalement de la façade

« La restauration de la Cathédrale Saint-Jean, menée entre 1845 et 1861, par l'architecte diocésain Tony Desjardins s'inscrit dans l'idée de poursuivre une construction laissée inachevée par les bâtisseurs du XVè siècle, en procédant au relèvement de la toiture, à la construction de flèches sur les tours orientales et à la conception d'un nouveau décor intérieur. Ces interventions devaient conférer à l'édifice des allures de cathédrale classique d'Ile-de-France. Le nouveau comble aigu, seul élément réalisé et achevé en 1861, est accueilli de façon très mitigée par les archéologues et les architectes. Il s'en suivra une longue polémique qui se poursuit jusqu'au début des années 1880, opposant les archéologues et les architectes sur le bien fondé d'une restauration menée avec un esprit de système inspiré des théories de Viollet-le-Duc sans aucun respect pour la physionomie originelle du bâtiment. Cette restauration est étroitement liée à l'introduction de la liturgie romaine par Mgr de Bonald en 1839. La nouvelle liturgie suscite bientôt une importante littérature et devient le prétexte d'une défense du caractère lyonnais.

Il s'agissait en effet de faire remonter l'origine de la liturgie lyonnaise à l'arrivée de saint Pothin en 120, puisque selon Mabillon, les premières églises ont reçu en même temps la foi et leurs premières institutions liturgiques. La liturgie lyonnaise serait donc l'une des cinq premières liturgies. L'abondante littérature suscitée par cette question défend l'idée selon laquelle Lyon aurait conservé sa liturgie depuis saint Irénée et que ni saint Pie V, ni les modifications introduites par Mgr de Montazet au XVIIIè siècle ne changèrent profondément son rite. Dans un premier temps, l'archéologie et l'érudition fournissent la matière d'une défense de la liturgie lyonnaise à l'appui d'études et de dissertations sur son antiquité, mais les études locales peinent à apporter les arguments susceptibles d'accréditer l'idée d'un particularisme. Néanmoins, le rejet de la liturgie romaine se confond bientôt avec le néo-gothique, tous deux importés à Lyon au même moment, selon l'idée que le roman serait plus approprié à la liturgie lyonnaise et participerait au caractère local. Il est intéressant de comprendre que la défense d'une liturgie propre contribue en soi à créer un particularisme et finalement, toutes les traditions ou caractères lyonnais ne remontent guère au delà du XIXè siècle. Par ailleurs, les contraintes liturgiques auxquelles les érudits s'attachent ne semblent s'appliquer qu'à la cathédrale Saint-Jean, ce que démontre notamment l'abbé Roux. Les restaurations de la cathédrale, sur fond de querelle liturgique, contribuent surtout à créer un climat peu favorable à la diffusion du néo-gothique. Ainsi, à Lyon, tout porte à croire que le néo-roman soit apparu comme gallican au moment où la réforme liturgique se met en place dans le diocèse.

La cathédrale Saint-Jean avec ses nefs gothiques à toiture plate et son Chœur roman ne saurait être ce parangon tant recherché par les architectes, mais bien plutôt le témoin d'une ville qui ne sait à quelle tradition se rattacher. D'ailleurs, à l'échelle de Lyon et de son diocèse, le vaste mouvement de construction d'églises engagé sous la période concordataire, ne peut en aucun cas abonder dans le sens d'une définition identitaire. Aussi, la question de savoir si Lyon et sa région s'insèrent dans la sphère romane ou gothique est absolument impossible à résoudre même si l'affaire de la restauration de la cathédrale Saint-Jean par Desjardins détournait un temps Lyon du Midi, en l'emprisonnant dans une rivalité perdue d'avance avec le Nord. »

Philippe DUFIEUX
Le Mythe de la primatie des Gaules – Pierre Bossan (1815-1888) et l'architecture religieuse en Lyonnais au XIXè siècle
Presses universitaires de Lyon, 2004

Lire plus de détails sur la toiture.
Lire plus de détails sur le Chœur, à la disposition originale.

La façade a été achevée vers 1480, a été nettoyée en 1982 ; elle est coupée par deux balustrades horizontales ajourées. Autour des trois portes en noyer (de 1756), on admirera 280 petits tableaux quadrilobés. A mi-hauteur, à gauche, on peut voir les armoiries du Pape Pie IX. A droite sont situées celles, effacées, de Louis XI. En haut, regardons le grand triangle central ; de chaque côté de l'ouverture, les statues de Marie, Mère de Jésus-Christ, et de l'Ange Gabriel, qui annonça à la Sainte Vierge qu'elle serait la Mère de Dieu. Au sommet est située la statue de Dieu le Père.

La manécanterie : la façade sur la place Saint-Jean date du XIè siècle. Autrefois, ce bâtiment servait de logement aux petits clercs de la Cathédrale (chanteurs). Aujourd'hui, en sa partie basse, elle sert de chapelle paroissiale, tandis qu'en sa partie haute, elle abrite le musée du Trésor.

A l'extérieur de la Cathédrale, on remarquera que les deux tours du chevet, vers la Saône, sont surmontées d'une croix de chêne de 4 mètres de haut. La tour nord abrite le clocher. La charpente en chêne de Bourgogne supporte 6 cloches ; la plus grosse pèse entre 8000 et 9000 kg et mesure 2,07 m de diamètre.
Voir la page consacrée aux cloches.

Sur la gauche de la Cathédrale, on voit le jardin archéologique, dans lequel on peut visiter les fouilles très intéressantes, mises récemment en valeur, des églises Sainte-Croix et Saint-Etienne (avec le baptistère paléochrétien). Ces églises appartenaient au groupe épiscopal.

En se plaçant devant la façade, place Saint-Jean, on verra la belle fontaine représentant le baptême du Christ par saint Jean-le-Baptiste, à qui la Cathédrale est consacrée.